Dans le cadre du projet "Lycéens et Apprentis au cinéma" avec la Région Paca, en coordination avec l'Education Nationale, l'établissement met en place chaque année trois sorties au cinéma.
Les séances ont lieu aux cinémas Le Rialto ou Le Mercury de Nice, en présence d'un public composé de lycéens et d'apprentis des autres établissements de la ville. Les jeunes sont accompagnés de leurs enseignants.
Chaque séance vise plusieurs objectifs: en premier lieu, la connaissance culturelle de faits cinématographiques, avec la vision esthétique donnée par chaque réalisateur, son point de vue et sa technique de montage.
Cet objectif est appuyé par le travail effectué par les enseignants de lettres au travers d'un éclairage de l'oeuvre visionnée et d'un débat mené avec les jeunes en cours.
La sortie de cinéma permet de plus une meilleure cohésion du groupe-classe avec le partage d'un transport effectué en commun de même que le déjeûner.
Programmation des films pour l'année 2011/2012:
La Mort aux trousses (North by Northwest) Etats Unis 1959 Réalisateur: Alfred Hitchock
To be or not to be (Jeux dangereux) Etats-unis, 1942 Réalisateur: Ernst Lubitsch
Le silence de Lorna Belgique, 2008 Réalisateurs: Jean-Pierre et Luc Dardenne
Vous trouverez les détails de ces films au moment de leur étude en classe avant chaque sortie...
Parmi les 3 films visionnés en 2011 - dont La cérémonie et A bout de souffle- les apprentis ont particulièrement aimé le film de science- fiction qui leur était proposé en dernière séance.
Des informations supllémentaires sur le film: STARSHIP TROOPERS DE PAUL VERHOEVEN
FICHE TECHNIQUE USA - 1997 - 2h15
Réalisateur : Paul Verhoeven
Scénario : Ed Neumeier d’après le roman de Robert A. Heinlein
Montage : Mark Goldblatt / Caroline Ross
Musique : Basil Poledouris
Interprètes : Casper Van Dien (Johnny Rico) Dina Meyer (Dizzy Flores) Denise Richards (Carmen Ibanez) Jake Busey (Ace Levy) Michael Ironside (Jean Rasczak)
Au XXIVème siècle, une fédération musclée fait régner sur Terre l’ordre et la vertu… exhortant sans relâche la jeunesse à la lutte, au devoir, à l’abnégation et au sacrifice de soi. Mais aux confins de la galaxie, une armée d’anarchistes se dresse contre l’espèce humaine.
Critique
"Le futur est maintenant”, pourrait être la devise de Starship Troopers, film de science-fiction extrême qui relègue Le Jour le plus long au rang de promenade champêtre. Dans ce monde futuriste, où la Terre est devenue un régime fasciste, des étudiants de bonne famille, tout droit sortis d'un épisode de Beverly Hills, n'ont qu'un seul rêve : intégrer la glorieuse armée de la Fédération, chargée de faire régner l'ordre sur la galaxie. Mais nous ne sommes pas dans Star Trek, et l'interdiction d'ingérence n'a pas droit de cité. Aussi, quand les dirigeants découvrent qu'une peuplade d'arachnides déverse sur notre planète une horde de météores, il ne leur en faut pas plus pour titiller la fibre ultranationaliste de leurs compatriotes et déclencher une guerre des étoiles particulièrement violente, sans passer par la case diplomatie. Nos étudiants top models, encore empêtrés dans des triangles amoureux juvéniles, vont alors devenir de vraies machines de guerre, sans conscience ni scrupules, prêts à exterminer tout ce qui a huit pattes puisqu'on le leur a ordonné. Face au nombre grandissant d'aliens vindicatifs qui peuplent les écrans, Starship Troopers oppose une vision anticonformiste du genre, à la fois parodie roublarde et réponse radicale au panaméricanisme réac d'Indépendance Day.
Mais, en mettant en scène la glorification béate d'un futur totalitaire, Verhoeven a subi l'attaque moralisatrice des critiques américaines, qui se fonde sur un principe dogmatique, celui d'une linéarité historique intouchable, chaque faute commise par l'humanité s'imposant en passé monstrueux que la bonne conscience se doit d'expectorer.
En cela, il est des «conditionnels» que l'on ne doit pas suggérer, au risque d'être crucifié sur l'instant comme grand blasphémateur de l'éthique victorieuse. Appelez ça pensée unique, consensus mou ou hypocrisie déculpabilisatrice, peu importe.
L'histoire présente ne doit pas être sujette à parallèles douteux, surtout si elle met en péril une unité nationale invoquée à tout bout de champ. Et si Hitler avait gagné la guerre ? Si le monde d'aujourd'hui subissait une radicalisation des droites ? Si les valeurs morales du « plus jamais ça » étouffaient toute velléité critique sur la résurgence d'un fascisme bien pensant ? Il faudrait éradiquer le présomptueux qui ose s'aventurer dans de tels amalgames!
C'est ce qui vient d'arriver à Verhoeven, taxé de nazi dés la sortie de Starship Troopers, hymne à un ordre nouveau selon ses détracteurs. Aussi est-on en droit de s'interroger sur ce qui différencie la fascination ritualisée pour un système inhumain de l'interrogation qui en est faite à l'aune de son éventuel retour.
Est-il à ce point impossible (incorrect) d'imaginer une Terre du futur dominée par un extrémisme inacceptable, ou est-il indécent de visualiser une humanité en devenir fasciste sans contrepoint moral, sans la petite touche scénaristique qui rassure le spectateur sur « l'irréalité » de la perspective ? Il semblerait que la seconde option soit à l'origine de l'opprobre dont Starship Troopers est l'objet.
Pourtant, Verhoeven ne fait que reprendre le thème central de Robocop et Total Recall, à savoir la critique acerbe d'une Amérique actuelle en proie au patriotisme exacerbé, par le truchement d'un genre codé, la science-fiction. Robocop n'était-il pas déjà l'incarnation d'un ordre disciplinaire orchestré par un conglomérat politicoindustriel ?
Et la conquête de Mars dans Total Recall ne se fondait- elle pas sur les délires fascistes d'un politicien corrompu ?
En cela, Verhoeven continue ses paradoxes temporels empruntés à Philip K. Dick, auteur du Maître du haut château, pendant littéraire de Starship Troopers, qui imaginait la victoire écrasante de l'Axe. Pour appuyer son effrayante perspective, le réalisateur hollandais convoque à nouveau, comme dans Robocop, ces flashs télévisés parodiant les infos poujadistes de CNN, qui utilisent de manière hypertrophiée tout le champ lexical du fascisme. (...)
Ce monde, tiré d'un Melrose Place facho (plusieurs acteurs proviennent de cette série télé), se construit donc sur un axe médiatico-publicitaire, chaque plan de ce futur ayant absorbé la réalité cathodique actuelle au point de la faire sienne. Ce n'est donc pas étonnant si le débarquement des soldats sur la planète arachnide reprend, à l'image prés, celui des Marines sur la plage de Mogadiscio, ou si nos héros, devenus de vraies ordures après s'être trahis mutuellement (l'un d'eux porte un costume de la Gestapo), finissent par se retrouver le sourire aux lèvres, comme si rien ne s'était passé, comme si leur immonde idéologie était un happy end et non une mise en garde.
C'est en cela que Starship Troopers égratigne avec brio la forteresse du bien-pensant. En utilisant tous les codes visuels prémâchés de la société du spectacle (pub, défilés de mode, cinéma hollywoodien, racolage télévisuel), il ne fait qu'entraîner le genre, la science-fiction, dans son principe de mise en perspective des travers de notre société, jusqu'à son extrême limite.
Aussi le film, de par son ironie macabre sur un genre à la mode qu'il pense cinéraire, finit-il par ressembler, malgré ses moyens, à une réjouissante série B, courageuse, viscérale, libre en somme. faisant fi de toute concession morale, le film suit une logique jusqu'au-boutiste d'un impérialisme ultraviolent, tout en galvanisant, par une rage de filmer la guerre sans commune mesure, les instincts ambigus du spectateur, fasciné par une logistique militaire et cinématographique publicisée (les effets spéciaux sont sans doute les plus impressionnants jamais réalisés), mais irrité par l'idéologie qu'elle sert.
Une idéologie sans remise en cause narrative, sans personnage “moral“ pour la critiquer, forcément provocatrice et gênante puisqu'elle place le spectateur face à ses responsabilités.
Ainsi, quand ces guerriers ramboesques finissent par mettre la main sur le leader des arachnides, celui-ci ne peut prendre que la forme d'un cerveau ambulant, qui ne faisait que défendre son peuple contre l'agresseur humain, et qu'il fallait aller chercher bien loin pour que le spectateur comprenne qu'il s'agissait du sien.
Yannick Dahan
ENTRETIEN AVEC PAUL VERHOEVEN Juliette Michaud Studio - Janvier 98
Qu'est-ce qui vous excitait dans le projet de Starship Troopers ?
Paul Verboeven - Quand le produc- teur et le scénariste de Robocop, Jon Davison et Ed Neumeier, m'ont parlé de leur envie d’adapter le comic-book de Robert A. Heinlein, le challenge m’a tout de suite excité. Ne serait-ce que parce que j’adore la science-fiction. Elle vous permet de rêver à d’autres formes de vie...
Starship Troopers relève à 50% de la prouesse technique...
Paul Verboeven - Même à 70%! Le film a été extrêmement complexe à réaliser.
J’avais une équipe de génie. Mais même Phil Tippett, à qui on doit les effets spéciaux de Star Wars et de Jurassic Park, pensait, avant de les réaliser, que certains trucages seraient impossibles à faire. La fabrication de Starship... est du ressort des mathématiques ! Quand on tourne, c'est évidemment sans les insectes. Il faut donc calculer chaque angle pour prévoir la place de ces milliers d'insectes géants qui auront chacun des comportements différents qui devront s’accorder à ceux des acteurs, ou aux courbes du terrain. Il faut faire attention aux ombres, à la perspective.. C'est hallucinant !
Quelle a été la scène la plus difficile?
Paul Verboeven - L'attaque de la forteresse a été très fastidieuse à tourner. Le plus dur, c'est de garder sa concentration à 100 % en éveil. Parce que, lorsque vous regardez dans le viseur et que vous ne voyez que des soldats qui courent et hurlent dans le vide, ça peut vous paraître totalement idiot. Il y a eu quasiment douze semaines de tournage virtuel où il fallait imaginer les trois-quarts du film. Si l’étape la plus créatrice a été le story-board, le plus difficile après, c'était de garder sa motivation et d’encourager les acteurs pour qu'ils ne dépriment pas. Jouer sans aucun répondant, à la fin, c'est ennuyeux.
Est-ce la raison pour laquelle lesacteurs ont un jeu si "robotique" ?
Paul Verhoeven - Ce ne sont pas de mauvais acteurs. Contrairement à ce que j'ai entendu, c'est moi qui leur ai fait jouer des stéréotypes. Relisez les comic-books ! Quand Casper Van Dien est entré dans le bureau pour l'audition, c'était évident qu’il était parfait pour le rôle de Johnny Rico. En plus de son physique, il possède l’enthousiasme de la jeunesse, et, ce qui ne gâche rien pour le rôle, un vrai background militaire : son père est dans l’armée.
Vous vous dites antimilitariste.Pourtant, votre vision de l'armée à l'écran est plus qu'ambiguë. Elle n'est pas sans évoquer les images du fascisme...
Paul Verboeven - Je me méfie de l'utopie de toutes les armées. Et des “bons Américains.“ Je hais les choses tranchées. On ne voit le mal que chez l'ennemi. C'est vrai que je me suis inspiré des films de Leni Riefenstahl, mais l’image ”nazie” du film est évidemment ironique. Je sais que des gens détestent le film en partie à cause de ça. (…)
FILMOGRAPHIE
Longs métrages :
Business is Business 1972
Wat zien Ik 1974
Qu’est-ce que je vois ?
Turkish delight
Keetje Tippel 1976
Soldier of Orange1978
Spetters1980
De vierde Man 1982
Quatrième homme
Flesh and blood 1985
La chair et le sang
Robocop 1987
Total Recall 1990
Basic instinct 1992
Show-Girls 1995
Starship Troopers 1997
Hollow man 2000











